The Christmas carols
Avec l’école nous devions aller à la chapelle d’une école pensionnat (”boarding school”) de garçons à Tonbridge, une ville voisine. Ville pas si voisine puisque les profs ne possédant pas de voiture ont dû s’y rendre en mini bus. Donc moi et Véronica l’assistante d’espagnol avons dû prendre ce minibus. Nous avons bien ri tous dans ce petit bus. J’ai pu voir des paysages que je n’avais jamais vu encore et aussi ça m’a donné l’occasion de rouler un peu du mauvais côté de la route. Alors en plus de mon envie de vomir, s’est ajouté une grande peur de finir dans le fossé. Je n’aime pas rouler à gauche!! Bref certains profs m’ont expliqué qu’en Angleterre, il n’est pas systématique d’avoir des panneaux indiquant le nom de la ville dans laquelle nous entrons. Alors pour les gens qui recherchent une adresse et qui ne connaissent pas le coin, ce doit être une “franche partie de rigolade”.
Lorsque nous sommes arrivés à l’école de garçons mon souffle s’est coupé, tout d’abord parce qu’il faisait un froid assez impressionnant et ensuite parce que le lieu était magnifique. La chapelle était tout particulièrement époustouflante , gigantesque et majestueuse. Bref si on appelle cela une “chapelle” c’est donc que cet édifice n’appartient pas à une paroisse mais à un lieu privé, donc si cette chapelle est jolie et immense c’est bien parce que les familles des élèves de l’école, dont dépend la chapelle, ont de “sacrés” moyens pour pouvoir entretenir une telle merveille.
Quand nous sommes rentrés à l’intérieur, je n’en croyais pas mes yeux, c’était tout simplement magnifique. Des élèves nous ont guidé pour trouver notre place, car tout était soigneusement planifié. Il n’y avait que quelques lampes qui fonctionnaient à l’électricité, sinon nous n’étions éclairés que par la lumière des bougies. Et parfois pendant les chants les lampes électriques s’éteignaient, laissaient la lumière douce, agréable et reposante des bougies. Et je m’imaginais l’atmosphère de l’époque où l’électricité n’avait pas encore pointé le bout de son nez.
On nous a donné de petits livrets pour pouvoir suivre le déroulement de la cérémonie qui fut un enchaînement de chants et de “lessons” religieuses. Au bout de quelques minutes je me suis décidée à chanter, parce que c’était très beau et j’avais envie de prendre part aux chants. Certaines élèves, que de blanc vêtues, formaient un choeur (”choirs”), et certaines faisaient même des solos. On aurait dit des voix d’anges, j’en avais les larmes aux yeux.
L’assemblée n’était pas assise face à l’autel (”altar”), mais sur le coté, de chaque coté de l’allée centrale, de sorte que nous étions divisés en deux et nous nous faisions face. C’est également pour cela que je me suis mise à chanter, car des petites élèves de 11-12 ans me regardaient en souriant et je voulais montrer l’exemple parce qu’absolument tout le monde chantait et aussi parce que cela faisait deux semaines que pendant les assemblées le matin à l’école nous répétions ces chants.
Bref, j’ai passé une soirée riche en émotions et j’ai retenu mes larmes plus d’une fois, car je savais aussi que le lendemain je retournais en France et que mes collègues et mes élèves allaient me manquer.
Voici les deux seules photos de la chapelle, je les ai prises juste avant que ça commence, car je n’osais pas prendre de photos pendant et ça ne me semblait pas correcte.
